One Piece ou Naruto, quel héritier pour Dragon Ball?

Quand on sait que nombre d’entre nous qui apprécient le manga et qui ont au moins une vingtaine d’années ont connu une enfance bercé par  Dragon Ball. S’il on peut contester ses qualités, il va sans aucun doute qu’il est très parlant , emblématique d’un genre. Aujourd’hui, deux séries qui ont déjà dépassé en nombre de volumes paru de Dragon Ball peuvent se targuer de concourir au rang de digne successeur. J’aimerais expliquer ici en un petit article les enjeux, les réussites et les échecs comparées des deux mangas emblématique du manga d’aventure/action du XVIème siècle, One Piece et Naruto.

Tout comme la bande-dessinée (et les autres médias), le manga populaire connait une évolution progressive. Il est d’évidence qu’une nouvelle série qui se contenterait de reprendre au pied de la lettre Dragon Ball ne ferait pas long feu ou ne serait tout simplement jamais publiée. Comment adapter son dessin et sa plume pour épater les petits et grands des nouvelles générations? Eiichiro Oda  (One Piece) et Masashi Kishimoto (Naruto) apportent deux réponses qui commercialement, ont fait leurs preuves mais qu’en est-il d’un point de vue qualitatif?

Je me consacre d’abord à l’opposition entre les deux personnages principaux, qui sont le coeur même du shonen. Le personnage de One Piece s’appelle Monkey D. Luffy, que l’on nomera bien sur Luffy, quand au personnage de Naruto, il s’appelle Naruto (oui je précise.). Luffy est un personnage à la fois très complexe mais aussi très simple. On peut le définir comme un existentialiste simplifié mais aussi comme un profond individualiste. Luffy n’est pas en phase avec son temps et les attentes possible. Luffy est défini au cours de l’aventure uniquement par ses actions, en effet, aucune phylactère ne retranscrit à aucun moment un dialogue introspectif, il ne semble donc jamais réfléchir ou s’interroger. Grâce à ce ressort qui peut passer totalement inaperçu, Luffy reste un personnage très simple, mais impossible à cerne. C’est ainsi qu’il interromps souvent le déroulement du récit avec une certaine surprise. Car Luffy est aussi complexe parce qu’imprévisible. S’il est le héros du manga, il est loin, dans la première partie de l’histoire, d’être le héros de son monde. En effet, son pouvoir spécial est assez clownesque (l’élasticité) et il n’est pas le descendant du seigneur des pirates. Ce titre reviendra brièvement à Ace, son frère qui est le fils de Gold D. Roger, mais qui possède les pouvoirs du feu, bien plus puissant à maitrise simple que ceux de Luffy. Ce n’est qu’à la moitié de l’histoire que Luffy est introduit dans son monde comme le héros par les divers évènement que j’occulte. Luffy est naïf et souvent stupide, mais jamais niais. C’est là que ça se gâte pour Naruto. En effet, ce dernier possède déjà le charisme d’une huître, cheveux blond en pics, icône d’une génération de crétin. Naruto est limité car ses tares ne lui permettent jamais de se positionner en héros. En effet si l’on lui promet une marge de progression hallucinante, il faudra attendre plus de 30 volumes pour qu’il puisse être déterminé comme un personnage fort, mais sans jamais de surprise. Le personnage de Naruto n’est pas très solide. Si les premiers volumes arrivaient à palier sa lourdeur par des intrigues et des mises en places ingénieuse (l’examen d’entrée auquel il rend une feuille blanche), ces tours de passe passe vont vite s’essoufler. Naruto ne progresse jamais et c’est rageant, il semble prédestiné à la défaite. La catastrophe la plus totale intervient de le volume 28, que j’aborde dans la seconde partie.

L‘entourage. Adjuvants comme ennemis, les personnages qui entourent le héros peuvent être un atout décisif pour un shonen. Ce n’est pas le cas de Naruto, qui propose à ce dernier deux coéquipiers minables et prévisibles. Sakura, qui est une sacrée caricature de la cruche, et qui montre à quel point l’univers de Naruto est conservateur. Plus faible que Naruto, elle n’existe que par la relation qu’elle entretien avec ce dernier et avec le pire rival possible, Sasuke. Je passe sur Sakura, toute de rose vétue et impuissante (on peut la renvoyer à Krilin), pour passer à Sasuké qui est une sorte d’émo dégueulasse et prévisible. On sait tous qu’il passera du coté des méchants, et le manichéeisme de Naruto donne la surenchère, les derniers volumes où Naruto est encore jeune (13 ans) se vouent à la rescousse de Sasuké qui va évidemment se solder par un cuisant échec après un combat minable Naruto/Sasuke qui répond à tout ce qu’on attendait et rien de ce que l’on espérait. Fier de cette construction digne de la pathétique mort de Anakin dans Star Wars III la revanche des Siths, le manga continue son épopée merveilleuse que je n’ai plus eu la force de suivre. A l’inverse totale de Naruto, One Piece sait instaurer des personnages solides, qui font souvent ressortir le personnage de Luffy. En effet, « gentil » comme « méchant » (Oda n’hésite pas à mettre de l’eau dans le vin, même si c’est parfois bien des volumes plus tard (avec Arlong par exemple) sont des piliers dans One Piece, qui compose dans le Shonen la bande la plus charismatique qu’il m’ait été donné de voir! Chaque membre de l’équipage possède une histoire forte qui est ancrée dans le passée ou ressurgit au cours de l’aventure (Nami et Robin qui répètent le même schéma, mais avec une approche très différente). Les opposants ne sont pas en reste et ne sont pas une entitée. C’est le cas par exemple du Colonel Smoker, qui est fervant opposé à Luffy mais aussi à l’injustice et aux hautes fonctions du pouvoir qu’il sert. Le monde de One Piece bouge et peut réveler des surprises, comme la marine, entitée qui semble au début incorrompue et parfaite qui s’avère être en fait un des principaux vices du monde. Fort de son entourage, la progression de Luffy garde une cohérence très honnête.

Et enfin, l’univers. Naruto se passe dans un pseudo japon, cloitré entre 6/7 clans de différents élements. Pas franchement impressionants. Les visages taillés dans la pierre en clin d’oeil au Mont Rushmoore sont un sérieux « what the fuck? ». L’univers de Naruto reste très japanisé. La traduction française à bien conservé tous les sufixes (san, chan, kun, etc…). On se sent très vite cloîtré dans un univers peu mobile. Ce qui n’est bien sur pas le cas de One Piece, qui est un récit d’aventure universel, dans une des notes d’ailleurs, Oda révèle quelle serait la nationalité de ses personnages et surprise, Luffy est brésilien! Pas étonnant vu que One Piece est l’histoire d’une énorme traversée des mers, mais l’auteur ne cesse de surprendre en proposant divers univers qui fonctionnent de façon différente (mais toujours cohérentes), les recherches architecturales sont impressionante et One Piece batti un superbe univers dont presque aucune parcelle est inoubliable. Un grand bol d’air frais et d’aventure, toujours à l’affût d’une nouvelle île à découvrir. L’univers de One Piece est si dense et si riche qu’il est à caractre encyclopédique!

Personnage principal : One Piece / Naruto
Entourage : One Piece / Naruto
Univers : One Piece/ Naruto
 
C’est donc haut la main que One Piece prend le pas, très large, sur Naruto et peut se définir comme digne successeur non pas seulement de Dragon Ball, mais de Shonen de ce début de siècle!
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