Gaz de schiste : entre engouement et réserves

Entre la hausse continue du prix du baril, une critique des énergies fossiles de plus en plus intense et des énergies renouvelables ne permettant toujours pas de se lancer dans une transition énergétique globale, le gaz de schiste ne fait qu’amplifier un débat sur l’énergie déjà brulant.

Pour résumer, on nous dit que cette ressource permettrait à terme de sortir (sur une période de l’ordre du siècle) de la crise énergétique que nous subissons aujourd’hui. Elle réduirait donc le coût de l’énergie, et permettrait en partie une relance de l’emploi (entre 600000 et 2 millions d’emplois uniquement aux Etats-Unis) . Sans être une solution à la crise, il faut avouer qu’elle ne serait alors pas de trop pour inverser la tendance : économiquement constructif, le gaz de schiste fait donc rougir les gouvernants.

Ecologiquement, c’est une autre paire de manches : pollution potentielle des nappes phréatiques, opacité dans les produits chimiques utilisés et 15000 m3 d’eau nécéssaire par puits. La nature risque de se prendre une bonne claque. Cela n’empeche pas le concept de se développer : nombre de nations ont déjà lancé les recherches de gaz de schiste , dont les Etats-unis, comptant sur cette nouvelle énergie pour relancer l’emploi et la croissance.

Ne nous emballons pas pour autant, en effet : la pologne vient de voir ses prévisions de réserves en gaz de schiste s’amenuire fortement, la faute à de mauvaises prévisions de l’EIA (agence américaine d’information sur l’énergie). Les réserves escomptées sont donc maintenant divisées par 7, et les prévisions ne pourront s’avérer fondées qu’après avoir effectué une centaine de forages (soit dans deux à trois ans). Rien ne nous indique non plus que ce gaz sera récupérable : Exxon mobil s’est retiré de la course en pologne après deux tentatives de forages non concluantes.

L’eau dans les alentours d’un puits de gaz de schiste n’est pas toujours très propre, comme le montre cet habitant de Pennsylvanie tenant dans ses mains de l’eau du robinet.

 

La pologne distribue aujourd’hui à tour de bras les permis de recherche et d’exploitation du gaz de schiste, de Total à des groupes publiques polonais tels que le PGE. Mais le cout d’extraction prévisionnel du m3 de gaz devient chaque jour de plus en plus important, et bien que les raisons du départ d’Exxon mobil restent vagues (certains pensent à une pression de gazprom sur la firme pour la pousser à se retirer), son geste reste significatif : l’image du gaz de schiste sortant les pays de la dépendance énergétique et créant nombre d’emplois semble erronnée . De plus, les « externalités » négatives s’amoncellent : des nappes phréatiques inutilisables, des rivières toxiques, des paysages s’apparentant plus au Mordor du Seigneur Des Anneaux qu’à la plaine tranquille de la Petite maison dans la prairie… le gaz de schiste risque finalement de nous couter plus qu’il nous aura rapporté.

Ps : la chronique économique du mercredi va s’aretter pour les deux prochaines semaines, pour cause de départ de l’auteur dans un endroit où l’internet n’est pas encore arrivé (méthode de mon invention pour travailler les partiels qui arrivent à grands pas) ; je vous retrouve donc dans deux semaines pour ma prochaine chronique .

A l’année prochaine !

Votre chroniqueur économique du mercredi qui part en Auvergne,

Stud

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