Sortir de l’UE? (ou comment faire sauter son économie en une leçon)

The flags of the 27 EU Member States following enlargement on 1 January 2007

Lundi soir, l’émission mots croisés sur France 2 traitait la question d’une sortie de l’Union Européenne, faisant alors écho au référendum prévu pour 2017 par le premier ministre anglais Cameron (dans un souci principalement électoral) dans l’hypothèse (très hypothétique donc) d’une réélection de ce dernier. Loin d’être une nouvelle fracassante, cette dernière s’inscrit dans un mouvement d’euro-scepticisme (ou tout du moins de ras-le-bol) qui croît chez la plupart des alliés Européens traditionnels: en Italie, en Espagne et même en Allemagne. Pour cause une  construction Européenne toujours plus inégale, dont la gouvernance semble toujours plus incompréhensible et non-représentative des désirs des européens. Bref; personne ne sait où va l’UE et L’UE elle-même ne sait pas où aller.

L’objet ici pourra sembler loin du débat (bien que j’ai personnellement trouvé que les différents acteurs du débat se sont le plus souvent attachés à prouver que l’autre ne valait pas mieux que soi); mais je vais ici vous parler des conséquences économiques d’une sortie de l’UE, en laissant de coté les arguments typés FN (mais pas que …) se bornant à montrer du doigt le dumping social de l’Allemagne pour démontrer que sans L’Union Européenne nous irions mieux.

La première conséquence serait monétaire: on à beau penser que l’euro est une monnaie faible face au dollar ou à la livre, il ne faut pas non plus oublier que le franc n’a jamais été historiquement une monnaie forte. Ainsi, quand bien même un taux à 1 euro =  1 franc serait fixé, une seule séance sur le Forex (le marché des changes) ramènerait cette égalité à 1 euro = 150 francs (je ne sais même pas si j’exagère en donnant un tel chiffre), car la confiance en l’euro ne se téléportera pas par magie sur notre monnaie nationale: peu seront tentés d’acheter des francs sachant que la monnaie risque de perdre deux à trois fois sa valeur. Dans le meilleur des cas, les investisseurs étrangers en France perdront beaucoup d’argent, et dans le pire, les résidents eux-mêmes ne voudront plus du franc (impliquant une hyper-inflation).

Exit les partenariats de nos PME avec d’autres Entreprises de pays voisins: le retour des barrières douanières nous entraînera dans un protectionnisme destructeur qui forcera les entreprises à licencier massivement (non, la demande intérieure française ne sera pas suffisante pour écouler la production automobile  de Renault, à moins de les vendre à 5 francs l’unité: quand on parle de baisser le coût du travail…).

L’agriculture Française qui subsistait jusqu’alors par les aides de la Politique Agricole Commune, aura alors beaucoup de mal à ne pas disparaître. En bref, la France passera du statut de 5e puissance mondiale à celui des pays ou le touriste moyen s’effare face à la beauté du terroir national avant  de s’apitoyer sur la pauvreté de ses habitants (là, oui j’exagère un peu mais cela n’empêche pas l’exemple de donner une idée générale des conséquences d’une sortie française de l’Union Européenne).

2 possibilités s’offrent à nous dans le contexte actuel des choses: vivre avec la mondialisation, et user des possibilités que nous offre l’Union Européenne pour tirer son épingle du jeu, ou bien sortir de cet espace de libre échange. Dans le deuxième cas, j’espère pour vous que vous aimez manger des patates.

Votre Chroniqueur économique du mercredi,

Stud.

2 comments on “Sortir de l’UE? (ou comment faire sauter son économie en une leçon)
  1. La Suisse est donc un pays pauvre où l’on mange des patates! Ah ? Je ne savais pas mais grâce à votre démonstration maintenant j’ai compris. Pierre Hillard n’est pas un fantaisiste Lordon non plus, Todd non plus, Nikonoff non plus Sapir non plus etc…Sortir de l’UE (l’Europe, l’Europe des Peuples n’existe pas!), c’est sortir du néolibéralisme, c’est sortir d’une dictature économique et politique qui contraint des millions d’individus à vivre selon le diktat de directives contraires à leurs aspirations. Vive l' »indépendance » et la possibilité de construire des projets communs avec qui le souhaite et quand cela est nécessaire au bien commun, à l’intérêt général. Il n’y a pas de fatalité. Il faut sortir de l’UE avant qu’elle ne s’effondre…comme l’URSS. Sortir de l’UE pour sauver la possibilité de construire une Europe des Peuples et des réalisations utiles. Reconstruire nos Services Publics, nos écoles, notre société, nos valeurs , notre culture, pratiquer une véritable écologie (et non des bidouillages politiciens de circonstances) et rester en République.
    Annick Massey

  2. Tout d’abord, la Suisse est un cas à part: il est clair que si la France possèdait un secteur financier aussi fort; une fiscalité si avantageuse et des reserves de devises étrangères démentes pour 8 millions d’habitants, elle pourrait largement sortir de l’UE et surfer sur une croissance indécente en temps de crise, et au diable les patates.
    La comparaison est donc spéciale, bien que la Suisse ressemble à la France sur beaucoup d’autres points. je pense que l’exemple Suisse est peut être à étudier (surtout au niveau social), mais surtout pas à copier.
    Je me suis attaché dans cet article à étudier les conséquences monétaires d’une sortie de l’euro avant tout: si nous sortons de l’euro, notre monnaie perdra de la valeur par une simple combinaison de facteurs économico-financiers peu reluisants (demande faible, croissance en baisse, dette élevée, fiscalité complexe et injuste…).
    A partir de ce moment, soit la France se jettera dans un fort protectionnsisme détruisant ainsi beaucoup de relation économiques de long terme et la forcant à se reposer sur sa faible demande intérieure soit elle se pliera aux lois du marché et peu de chances de reconstruire notre système d’antan au vu des blocs économico-politiques qui se dresseront en face de nous à la première tentative de récuperer un marché.
    Sans pour autant dire que la situation Européenne est plus intéressante, on ne peut nier que l’euro pèse lourd dans les négociations internationales et les avantages de la zone économique commune européenne ne laissent pas beaucoup d’investisseurs indifférents: aides au développement, Sécurité de la propriété, combinaison d’une main d’oeuvre qualifiée et peu qualifiée et relativement peu chère, demande diversifiée et systèmes de transports sûrs et rapides…
    Certes, le néoliberalisme est une conséquence de ce système, et il est certain que bien des choses tourneraient mieux si les lobbys de toutes sortes (mêmes les écolos) quittaient Bruxelles, mais est-ce une raison pour refuser tout en bloc? Revenir a des pactes bilatéraux entre nations qui seront certes choisis mais rares? Reconstruire la France sera beaucoup plus facile avec l’Europe que seuls face a tous, je suis pour la réformer mais pas pour la quitter.

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