Il n’y aura pas de guerre des monnaies

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On a vu resurgir ces dernières semaines le terme de guerre des monnaies, notamment avec l’annonce de la banque  du Japon d’un nouvel assouplissement monétaire jusqu’en 2014, le tout s’inscrivant une politique de dévaluation compétitive (i.e. faire baisser le prix de sa monnaie face aux autres pour doper les exportations) assumée à moitié par les dirigeants japonais. C’est alors que tout le monde s’emballe: à en croire certains billets cette nouvelle signerait le retour des dévaluations monétaires à la sauce Allemande des années 30’s. Heureusement pour nos économies une telle possibilité n’est que très peu probable: il n’y aura pas de guerre des monnaies.

Tout d’abord ce n’est pas la première fois que la banque Japonaise annonce de telles mesures, cela fait maintenant 20 ans la BoJ (banque centrale japonaise) lance des politiques de dévaluations monétaires, tout en se gardant bien de se rentrer dans une grande politique inflationniste.

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De plus de fort soupçons pèsent sur les motivations de cette annonce: elle intervient en effet dans un contexte propice pour Shinzō Abe, le premier ministre en place, qui va sans doute réussir à garder la confiance de la Diète (parlement japonais) et de la chambre des représentants grâce à cette décision qui devrait doper les exportations et améliorer son bilan. On est ici bien loin d’un Japon passant du jour au lendemain à un protectionnisme doublé d’une volonté de réduire les autres économies à néant, mais bien en face d’un véritable souci éléctoral.

Nous sommes aujourd’hui face à des échanges sur les marchés de changes qui peuvent dépasser 4000 milliards de dollars en une journée, les gouvernements ne sont donc plus en mesure de pouvoir réellement influencer comme bon leur semble les taux, que ce soit par la base monétaire (i.e. la planche à billet) ou par les taux directeurs (qui peuvent très bien être compensés ou dépassés par les variations du taux de change).

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Nous sommes encore bien loin des 4200 milliards de Marks pour 1 dollar

Les gouvernements n’ont donc de pouvoir que la parole, et essayent d’user de cet instrument pour influer sur les mouvements de capitaux: loin d’une guerre des monnaies, nous sommes aujourd’hui dans une situation ou les mouvements spéculatifs définissent les taux de change sans se soucier de l’etat économique du pays concerné (l’euro est ainsi en train de monter alors que l’Espagne et la Grèce ont un taux de chomage se baladant entre 25% et 50%).

Personne ne dirige réellement le bal, mais tout le monde essaie d’aller dans le même sens donc (retour a la fable du concours de beauté de Keynes), le problème est qu’ici les variations à la hausse de l’euro auront des conséquences économiques facheuses pour certains pays de la zone euro, et qu’une fois de plus des jeux spéculatifs risquent de couter cher à l’économie.

Votre chroniqueur économique du mercredi,

Stud.

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