Le Bon, la Brute et L’Affranchi

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Mais jusqu’où ira l’ami Quentin dans ses réinterprétations des grands genres du cinéma ? Après le Thriller et la blaxpoitation à la sauce seventies au travers de Reservoir Dogs , Jackie Brown et le culte Pulp Fiction, après le savant mélange du film de samouraïs au western ( Kill Bill 1 et 2 ) et une relecture pour le moins surprenante de la Seconde Guerre Mondiale avec Inglorious Basterds, Tarantino se lance avec Django Unchained dans l’univers riche et déjanté des Westerns Italiens ou plus communément appelés spaghettis.                          

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C’est dans le désert texan, balayé par les vents chauds et résonnant du fracas des claquements de fouets, que l’histoire de notre héros éponyme s’ouvre dans un générique des plus fidèles du genre. Django interprété par Jamie Foxx, est un jeune noir victime du terrible système de l’esclavage qui sévit au court du 19ème siècle. Son destin qui aurait pu s’arrêter ainsi dans une plantation de coton sudiste, bascule la nuit où le convoi l’amenant à Greenville pour y être vendu, tombe sur l’incroyable dentiste allemand : le Docteur King Schultz interprété brillamment et de manière décalée par Christopher Waltz, nouvelle muse du cinéaste, depuis Inglorious Basterds. Libéré ainsi de ses chaînes par ce dentiste qui n’est autre qu’un chasseur de primes , Django travaillera avec lui afin de s’intégrer dans ce nouveau monde libre, même si quelqu’un semble le hanter jour et nuit : En effet, séparé de sa femme par les dures lois de l’esclavage suite à une tentative de fuite, il se met alors en quête de la retrouver, secondé par Schultz. Tous deux devront lutter contre un sud violent, où l’humidité des marais se conjugue de manière oppressante avec une domination totale des blancs sur les noirs. On retrouve cette oppression dans les personnages de Calvin Candy riche propriétaire terrien, sadique passionné de phrénologie, et de son majordome noir refoulé Stephen interprétés par Leonardo Di Caprio, et Samuel L Jackson.

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Une fois de plus, Quentin est au rendez vous d’un style qui fait sa renommée . Conversations de type cafés du commerce , fusillade à l’hémoglobine abondante, décalage du genre. Le cinéaste reprend et se réapproprie les codes des plus grands westerns comme le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone , l’Homme des hautes plaines de Clint Eastwood , ou encore le Django de Corbucci créant ainsi une vision plus hollywoodienne du Western italien. La prestation des acteurs se révèle grandiose, Christopher Waltz oscarisé pour son rôle dans Inglorious Basterds réitère une performance exeptionnelle qui marque les esprits au sortir de la salle. Di Caprio colle parfaitement au personnage, en dépit d’un jeu occulté par Waltz et d’un rôle de méchant moindre par rapport à ceux des anciens films. Jamie Foxx notre « héros » dont l’interprétation est pour le moins sympathique répond parfaitement au style de Tarantino et s’inscrit dans la lignée des John Travolta et autre Brad Pitt avec dialogues et gimmicks cultes à l’honneur ( « I like the way you die boy »).

Concernant le film en lui même, Tarantino nous surprend une fois de plus par sa qualité d’image et apporte un certain esthétisme à des situations pour le moins horribles. On y appréciera les scènes de flash-backs tournées façon vieux film , et l’on sourira lors des « crash zooms » qui soulignent que le personnage en question est vilain. Pourtant certains aspects du style Tarantino collent à la peau du réalisateur: Tarantino ne se renouvelle pas.

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Malgré une bande son de grande qualité, avec la participation d’ Ennio Morricone et certaines excentricités musicales qui s’adaptent étonnamment à certaines scènes , Tarantino a tendance, dans Django Unchained à surjouer avec la musique, la mettant à toutes les sauces, alors que seule la force des personnages et des situations auraient suffi parfois.
A cela s’ajoute un scénario dont le deuxième acte et le début du troisième subissent des longueurs, ralentissant le dynamisme du film. Mais Django Unchained demeure avant toute chose un film à la dimension historique importante. Nous voilà en 2h40 plongés dans le terrible siècle de l’esclavagisme américain, de ses dérives cruelles et honteuses rendant le spectateur d’aujourd’hui mal à l’aise face à l’écran.

Ainsi, Quentin Tarantino, à presque cinquante ans, a su créer l’attente et le plaisir autour de son nouveau film, tel le come back d’une vieille star du rock , confirmant ainsi sa réputation d’enfant terrible du cinéma américain. Django Unchained s’inscrit à la longue listes des westerns cultes et prouve que le genre, même si il se fait rare n’est pas enterré. Amateur de punchlines, d’histoire, de chapeaux de cow-boys, d’action ou tout simplement de cinéma, sortez les colts et attelez vos chevaux, ce film est fait pour vous !

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