J’Oublie,Tu Oublies, Il Oublie, Nous Oblivions…

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Et si Tom Cruise était un Jack refoulé ? Possible. Après s’être mu en justicier de la rue, nommé Jack Reacher, notre ami scientologue reprend du service dans Oblivion de Joseph Kosinski en tant que Jack Harper le technicien 49.

Plongé dans un monde qui n’est plus, ravagé par une terrible guerre contre une menace extraterrestre mystérieuse, Jack accompagné de sa coéquipière Victoria interprétée par la charmante Andrea Riseborough, a pour tâche de surveiller les imposantes stations de pompages hydrauliques, chargées d’approvisionner une humanité exilée au- delà des étoiles. Cette histoire pour le moins routinière, aurait pu s’arrêter là. Pourtant Jack, et ce malgré une mémoire effacée pour mener sa mission à bien, est accablé par des visions d’une ancienne vie et d’une femme qui l’obsède chaque nuit. Lorsqu’un engin spatial d’avant guerre fait  brutalement irruption dans l’atmosphère et s’écrase sur Terre, Jack parti à la rescousse des survivants est tétanisé par la découverte qu’il fait : l’unique survivante du crash est cette fille en question. Jack se retrouve soudainement confronté au doute concernant sa mission et son identité,  s’engage alors, une lutte contre l’oubli…

To be captioned by Picture Desk.

Second film de Joseph Kosinski qui fût le réalisateur du  remarquable Tron : l’Héritage (2010), Oblivion constitue sa propre adaptation d’un comics réalisé treize ans auparavant par ses propres soins. Graphiste de formation, Kosinski met  tout son talent  en oeuvre pour nous délivrer un film aux décors et aux effets spéciaux éblouissants, dont l’esthétisme rivalise avec le Avatar de James Cameron.

On appréciera tout d’abord notre chère planète Terre remodelée par les ogives nucléaires et la nature, alternant étendues désertiques hostiles à la Mad Max et havres de paix naturels. La base de Jack perchée dans les nuages semble tout droit sortir de l’imagination de Steeve Jobs et cette dernière fera jalouser tous les amateurs de design et autres promoteurs immobiliers.

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Pourtant en dépit d’une qualité d’image qui  pour un film de science fiction  est au rendez-vous, Oblivion est un film d’une platitude prononcée. Souffrant d’un scénario pour le moins classique qui reprend les grands thèmes et clichés sans cesse utilisés par la science fiction de ces dernières années, le film peine à faire rebondir l’intrigue et finit par lasser le spectateur ( je tiens ainsi à saluer le monsieur au cinquième rang en partant du fond qui a dormi, ronflé, puis s’est en allé avant la fin, car il est un témoin vivant de ce que nous avons vécu dans la salle). A cela, nous ajoutons la  performance d’acteur  de Tom Cruise qui ne porte pas le film à son avantage et  le maintient même  dans la mollesse. La participation de Morgan Freeman  se révèle très anecdotique. En revanche  il faut souligner le bel effort de jeu d’Andrea Riseborough qui parvient à traduire la sensualité, la passion sentimentale et leurs rapports complexes avec le sens du devoir. Olga Kurylenko qui campe le rôle de cette fille dont rêve Jack ne s’impose que très modérement par son jeu effacé.

Vous l’aurez compris, Oblivion est la fausse surprise de ce début de printemps et rejoint ainsi  le panthéon de ces film de plus en plus nombreux qui s’appuient trop sur la technologie de l’image et non sur un bon scénario. On souhaite une meilleure réussite pour le futur professionnel de Cruise,  qui continue dans le genre avec le tournage prochain de Yakikaze, un Top Gun sauce OVNI. Je conseille donc de profiter du beau temps et d’attendre encore quelques jours car les sorties, dans les salles noires seront plus intéressantes et  prometteuses.

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