Plaidoyer sur les œuvres «grand public»

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 Mickey Mouse dans Steamboat Willie (1928)

Dans notre société, moderne et ou la tolérance est reine, il reigne encore et malgré tout une politique de préjugés concernant les œuvres et objets de culture accessibles à tous. Sous prétexte qu’un livre est compréhensible par un enfant, sa lecture par un adulte peut être considérée comme puérile. Il n’est alors pas impertinent de penser qu’il s’agit là d’une erreur.

À ses débuts, la bande déssinée non satirique était considérée par un grand nombre d’adultes comme un dessin animé statique pour distraire les enfants. Combien d’années a-t-il fallu pour que leurs messages soient acceptés comme universels et instructifs ? Combien d’années pour que l’art graphique véhiculé par ce média soit pleinement reconnu ? On peut alors penser au périodique Tintin sous-titré «Le journal des jeunes de 7 à 77 ans». De telles œuvres peuvent même être aussi bénéfiques aux enfants qu’aux adultes, comme les contes par exemple. Certains messages humoristiques ou philosophiques sont parfois exclusivement résérvés aux adultes. Malheureusement, de mauvais jugements sont encore portés aujourd’hui alors que chaque œuvre devrait être appréciée à sa juste valeur. Certaines comme Star Wars ou le Seigneur des Anneaux sont de véritables mythologies modernes, mais une personne mûre y prêtant une forte attention est cependant considérée comme un «grand enfant». Je suis géné, choqué, insurgé par de telles calomnies !

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Les Aventures de Tintin : On a marché sur la Lune

Le traitement est le même pour certains collectioneurs qui doivent aller dans des magasins de jouets pour enfant afin de trouver des figurines illustrant ces histoires magistrales, et si leur passion est découverte, ils sont très souvent vus comme des retardés mentaux nécessitant une psychanalyse. Ces personnes sont en fait autant sous-éstimés que Galiléo Galilei, condamné pour avoir affirmé que la Terre était ronde. Cela est du à une effroyable analyse faite par un grand nombre d’esprits emplis de prejugés, qui peuvent être anti-loi sans connaitre la loi, anti-Mozart sans avoir écouté son œuvre, anti-Star Wars sans avoir vu Star Wars. De tels individus ont le comportement d’un aveugle s’essayant à la critique d’un tableau. Cela se passe tout autour de vous, dans votre entourage, et de commentaires.

Le traitement est le même pour la plupart des dessins animés. Si la plupart de ces univers, imaginaires ou non, ne sont pas si compliqué d’accès ou faitaisistes, c’est pour pouvoir y faire passer des messages et des valeurs en utilisant un cadre plus agréable, voir plus efficace qu’un cadre réaliste. Le même principe est utilisé dans les grandes mythologies (grecques, romaines..) ou dans les contes. Il est inconcevable de couper, interdire, enterrer les aventures de Mickey Mouse aux yeux d’un adulte sous pretexte qu’il s’agit des déboires d’une petite souris. Il est inconcevable de prendre ces films d’animations de haut tant le second degré et les références humoristiques y sont présents. Ah, Mickey, Bugs Bunny, quels formidables personnages vous faites !

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Scène finale de Star Wars : L’Empire contre-attaque

En somme, l’incarnation de références culturelles et autres nuances est omniprésente dans de nombreux univers que l’on peut trop facilement qualifier d’ «enfantins», et il serait intellectuellement peu judicieux de votre part de passer outre ces mondes et récits en vous basant sur un mauvais jugement. Le bon jugement peut venir de l’éxperience mais l’expérience vient difficilement d’un mauvais jugement.

One comment on “Plaidoyer sur les œuvres «grand public»
  1. Il est temps pour vous de lire n’importe quel théoricien de la société de consommation, mort ou vivant, français ou étranger, peu importe. Vous comprendrez peut-être alors que ces « oeuvres » ne sont que des produits de consommation et ne portent pas de « valeurs ». Pour prendre un exemple, un film ne nous sert qu’à nourrir notre narcissisme, comme n’importe quelle autre « oeuvre ». Tu parles d’une belle valeur. Cela peu sembler une théorie farfelue, mais je vous assure qu’elle est développée en détails dans de nombreux ouvrages par des gens très sérieux. C’est ça la société de consommation, c’est laid, et de plus en plus laid, mais sous une apparence de beauté et de progrès continuel.

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