Le zombie n’était pas frais…

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Les Saintes Écritures nous avaient prophétisé l’apocalypse… Brad Pitt nous annonce avec World War Z  la catastrophe zombie. Attendu comme le film d’horreur de l’été, World War Z avait depuis 2009 et l’annonce de son écriture, a fait couler beaucoup d’encre jusqu’à sa sortie le 3 Juillet 2013. Difficultés dans les choix de la trame, des plans, délais non tenus, rumeurs d’un clash entre Brad Pitt et Marc Forster le réalisateur: en dépits de ces tempêtes hollywoodiennes,voici un nouveau film dit « de zombie » prêt à renouveler le genre.

Le monde que nous connaissons n’existe plus. Les nations sont acculées, les populations terrifiées ne savent où aller. La Terre n’est qu’anarchie et mort depuis qu’un mystérieux virus et ses victimes affamés de chair humaine se propagent à une vitesse alarmante. Ancien enquêteur de l’ONU, Gerry Lane est mandaté par les dernières autorités en place, pour découvrir l’origine de ce fléau et dans le même temps trouver un remède. Laissant derrière lui sa famille, Gerry se lance dans une course contre la montre qui le mènera de la Corée du Sud au Royaume Uni en passant pas le Moyen Orient, dans l’espoir ( qui est toujours le même au demeurant) de sauver l’humanité.

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Tiré du roman éponyme de Max Brooks, figure emblématique du mouvement littéraire zombie ( je vous renvois à son original Guide de Survie en territoire zombie),  World War Z semblait au vu des bandes annonces et de l’oeuvre originale, un film prometteur bénéficiant d’un équilibre entre l’action, l’horreur, le thriller et la géopolitique! Malheureusement la déception est au rendez-vous pour un film à 200 millions de dollars. Il faut reconnaître : qu’il est difficile aujourd’hui de faire avancer le genre, tant il fut exploité et ce, depuis le grand George A Romero et sa trilogie des morts vivants de 1968 à 1985.  L’idée d’une pandémie mondiale et des différentes réactions gouvernementales et militaires est certes bien trouvée (comme à l’origine du roman) mais s’efface au plus vite pour laisser place à un Brad Pitt gonflé au blockbuster. Le scénario du film ne reflète pas assez l’ambiance « guerre mondiale » et reste très classique. Bien sûr changer de pays au fil de l’enquête  fait rebondir légèrement  l’action, mais se transforme plus en un vulgaire tour du monde agrémenté de quelques zombies à dégommer. Enfin il aurait été mieux de subtiliser certaines intrigues clés, quitte à rallonger le film de quelques minutes voire d’une heure.

Le jeu d’acteur est en lui même peu imaginatif. Brad Pitt décolle peu dans sa performance de père de famille aux dangereuses responsabilités, il ne fait que courir, et survivre à l’impossible  tout en se délectant comme tout bon américain d’un Pepsi Cola ( et hop un placement de produit!) avant de repartir sauver le monde. Sa famille est tout ce qui l’y a de plus banal et malheureusement produit qu’une très légère émotion, ce qui est dommage pour ce genre de films. Pour le reste des personnages, il ne s’agît rien de plus que d’une caricature de série B, avec dialogues poétiques sur la façon d’éliminer un mort vivant et autre jargon militaire. On pourra noter quelques situations comiques et improbables comme une mort des plus bêtes, également une figurante remontant d’un seul coup la hiérarchie de la distribution des rôles pour devenir la grande demoiselle en détresse du chevalier Pitt.

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La qualité visuelle de WWZ est difficile à percevoir malgré son budget, certes les subventions maquillage furent très minimisées, comparé au budget figurant et image de synthèse, qui animent les hordes voraces et mettent en flamme les villes, rompant avec cette vieille tradition du zombie décomposé traquant sa proie. Il faut également préciser que la 3D n’apporte rien au film et ne se remarque pas une fois de plus…

Concernant la bande originale, il faut congratuler le groupe anglais Muse dont le titre The 2nd Law: Isolated System est une réelle claque auditive et s’accorde parfaitement avec l’ambiance de fin du monde du film.

Hélas World War Z et ce, malgré les nombreux efforts mis en place par Pitt et Forster, n’est pas à la hauteur des attentes. Bien sûr quelques frayeurs seront au rendez-vous, mais rien d’exceptionnel comme on a pu le voir ailleurs. Le film illustre les limites  d’Hollywood pour s’approprier le genre « zombie » et le remodeler en un produit beaucoup trop commercial, devenant un sous nanar sans message, remis à flot par les explosions, Monsieur Pitt en tête d’affiche et une place à 3,50€ grâce à la fête du cinéma.

Inutile donc de se précipiter à présent vers WWZ qui n’a rien à vous offrir de plus qu’un vrai film du genre ( nous en reparlerons sous peu!) loué ou acheté avec passion chez un vendeur indépendant (ou une Fnac dans le pire des cas), le tout agrémenté de pop-corn maison et arrosé d’un bon soda à l’ancienne!!!

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